09.04.2008
tant qu'il y aura des femmes ...
Quelqu'un m'a dit ...que grâce à Rama Yade et Carla Bruni, notre président avait envie pris une position honorable sur les JO en Chine: enfin, il fait comprendre que sa présence à la cérémonie d'ouverture ne serait pas inconditionnelle, que les droits de l'homme et l'autonomie du Tibet ne seraient pas relègués derrière les espèces sonnantes et trébuchantes ... Il y en a un qui peut se cacher maintenant c'est notre ex French Doctor reconverti en "la voix de son maître".
Quelqu'un m'a dit le courage de NKM (Nathalie Kosciusko-Morizet) qui, seule à l'Assemblée, affronte le lobby pro OGM constitué par une bonne partie de ses collègues de l'UMP. Elle se souvient visiblement des engagements pris par le gouvernement lors du Grenelle de l'environnement ce que son ministre de tutelle non seulement semble avoir oublié mais en plus, la laisse isolée face aux machos du genre Christian Jacob (tiens il manque Devedjian et son bien connu "salope"!) !
Quelqu'un m'a dit que Patricia Adam, députée PS à l'assemblée nationale, qui, suite aux annonces successives de l'envoi de troupes en Afghanistan, du retour de la France dans le commandement militaire de l'OTAN et enfin, des économies faites sur le format de nos armées, a démissionné de la Commission qui planchait sur le Livre blanc de la Défense à horizon 2015, considérant que faire des propositions alors que les décisions sont déjà prises, c'est franchement se moquer du monde.
Bravo, c'est la classe Messieurs.
Bravo, Mesdames, vous sauvez l'honneur. Cessez donc de vous excuser d'être à la hauteur des responsabilités politiques que l'on vous a confiées.
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04.04.2008
Ratage Généralisé Prévisible et Pérenne
Voilà c'est fait: 166 mesures ...ou 140 ...les avis divergent, il va falloir du courage pour recompter !
Que retenir ? Malheureusement, pas grand chose, du vieux, du général et quelques mesurettes, certes utiles ...mais sont elles à la hauteur des enjeux ?
Bref, au final, un bilan pas formidable :
- une méthode désastreuse (cf mon post d'hier)
- la répétition de l'antienne démagogique habituelle : moins de fonctionnaires = plus d’efficacité !
- l'application de la technique classique pour faire des économies : le bon vieux "rabot budgétaire" qu'il s'agisse d'une norme de réduction en € ou en nombre de fonctionnaires ...La lame est juste un peu plus coupante
- tout cela n'est absolument pas de nature à diminuer les déficits publics et encore moins à soutenir la croissance dans un contexte récessif.
Quelques questions livrées à la sagacité de mes lecteurs :
- le service public doit il être la victime d’une crise provoquée par des banquiers et des traders inconséquents
- imagine t on relancer la croissance avec la baisse du plafond pour la location en HLM et la suppression de la surcote des retraités de la fonction publique en outre-mer ?
- où est passée cette excellente proposition du rapport Attali visant à supprimer un niveau de gouvernance dans notre millefeuille politico-administratif, à savoir le département ?
Heureusement il y a un autre CMPP en mai ...on respire ! (tout cela a quand même mobilisé 200 hauts fonctionnaires et de grands groupes d'audit pour une somme évidemment non communiquable ...)
20:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rgpp;paquet fiscal;service public;attali
« Comment faire échouer une fois de plus l’indispensable réforme de l’Etat » en 10 leçons
1) Annoncer avec force grands mots et moulinets que cette fois c’est la bonne, les fonctionnaires, ces gauchistes attachés à la seule préservation de leurs statuts (= privilèges), n’ont qu’à bien se tenir : il y a enfin une volonté politique pour dégonfler le mammouth improductif (la dépense publique, c’est bien connu, n’a aucun impact économique)
2) Nommer une commission, en l’espèce le CMPP (Conseil de modernisation des politiques publiques) pour définir les axes de l’action à entreprendre (s’asseyant ce faisant sur la tonne de rapports produits sur le même sujet depuis vingt ans) et lui adjoindre une escouade zélée –membres d’inspection générale dont une bonne part n’a connu que les travaux d’inspection ou les cabinets ministériels, et des cabinets d’audit, pour apporter la bonne parole du privé
3) Fixer un programme de travail énorme dans un délai très serré avec des objectifs contradictoires : il faut passer en force, la France est bloquée, hostile à la réforme
4) Dans le même temps continuer à supprimer les marges de manœuvre subsistantes et céder face aux lobbys : combien de milliards perdus dans les mesures dogmatiques du paquet fiscal et des heures supplémentaires, sans aucun effet sur la croissance ? quelle pédagogie de la fusion DGCP- DGI alors qu’il est apparaît que cette fusion se fait au prix de l’augmentation indemnitaire pérenne des fonctionnaires parmi les mieux payés de France sans justification de mérite ?
5) Constater que les caisses sont vides (mais c’est la faute à ceux d’avant) et que l’Etat est en faillite (comme si ce concept avait une quelconque validité économique) pour préparer les esprits au sens de la réforme
6) NE COMMUNIQUER SUR RIEN et laisser la rumeur enfler, distiller tout et son contraire
7) Surtout, NE PAS CONSULTER les fonctionnaires qui auront à mettre en œuvre la réforme (à l’inverse de la première leçon du changement réussi selon laquelle l’adhésion des acteurs est fondamentale). On vous l’a dit, si on les consulte, ces rétrogrades dépensiers, rien ne se fera
8) Mesurer que les réformes structurelles envisagées dans la précipitation se heurtent à des blocages (forcément corporatistes car radicalisés du fait de l’absence de diagnostic et recommandations partagés)
9) Se rendre compte que les réformes de structure, dans leur version complète comme dégradée, prendront du temps à mettre en œuvre et coûteront au départ plus qu’elles ne rapporteront
10) Constater que le contexte économique est récessif (quelle surprise de découvrir cette crise prévisible depuis l’été 2007) et en tirer deux conclusions :
Puisqu’il n’y a plus de marges de manœuvre et que les recettes diminuent, il faut faire des économies à défaut d’augmenter les impôts …
Faisons ce qui est fait à chaque fois : réduire les dépenses d’intervention de l’Etat (et non le fonctionnement, faut il souligner la différence et l’incohérence avec une prétendue réforme de structures ?) en annulant des crédits mis en réserve (hier on disait gelés …).
Voilà en 10 leçons comment enterrer une fois de plus une action réformatrice qui fixerait les priorités de l’intervention de l’Etat et les moyens qui permettent de les atteindre, sur la base d’un constat objectif et démocratiquement partagé.
Une fois encore, voici comment nous prétendons nous inspirer des réformes conduites ailleurs (Suède, Canada, Royaume-Uni…) sans en appliquer la première des règles : la réforme de notre Etat providence est un projet de société qui ne peut se faire en secret dans les antichambres du pouvoir et qui, du fait des choix qu’il suppose, ne peut être lié aux contingences économiques et financières du moment
11:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog;rgpp;réforme;etat;concertation;échec


